Laïcité : le parti socialiste est choqué du caractère anti-républicain des propos de Nicolas Sarkozy

Publié le par Ensemble à Gauche

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Question d'actualité au gouvernement posée mercredi par Jean Glavany au nom du groupe Socialiste au sujet de la remise en cause de la Laïcité par Nicolas Sarkozy.
   
(Sur le sujet, vous trouverez, sur son blog, le verbatim de l'interview de Laurent Fabius, face (non pas "par", mais bien "face") à Jean-Michel Aphatie)
   
   
Après le discours de Constantine, en Algérie, après celui de Latran, voici donc le discours de Ryad. Un discours du Président de la République où Dieu n’est plus cité à chaque page mais à chaque ligne, créant désormais un problème de fond dans la République.

Entendons-nous bien : il n’est pas question ici de relancer les guerres de religion, elles ont fait assez de mal comme cela. Non, il s’agit surtout de vérifier, avec nos collègues de la majorité et avec le Gouvernement, si nous parlons toujours de la même République et de ses mêmes principes, d’où mes questions.

 

Premièrement, la loi de 1905, dite de séparation des églises et de l’État, interdit-elle, parallèlement et conjointement, aux religieux de s’immiscer dans la sphère politique et aux politiques de s’immiscer dans la sphère religieuse ? Si oui, n’est-elle pas violée en la circonstance ?

Deuxièmement, quand le Président de la République s’est adressé aux étudiants de Constantine en disant « nous », nous pensions benoîtement qu’il se référait aux Français. Pas du tout : il voulait dire « nous, les chrétiens » ! Et les autres ? Les juifs français, les musulmans français, les athées et les agnostiques sont-ils encore représentés par le président de tous les Français ?

Troisièmement, le Président de la République affirme qu’« un homme qui croit est un homme qui espère », comme si l’espérance était réservée aux croyants. Et Guy Môquet, mes chers collègues ? Était-il bien nécessaire d’honorer la mémoire du jeune résistant communiste, qui a transcendé la peur de mourir pour une belle espérance nommée liberté, pour l’humilier aussitôt de la sorte ?

A-t-on le droit d’espérer en France, sans être croyant ? A-t-on le droit à une spiritualité sans Dieu, comme Spinoza, comme Camus, comme Sartre et bien d’autres ?

 

Le Président de la République dit enfin que, dans la transmission des valeurs et l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. D’où ma quatrième question : cette nouvelle hiérarchie, qui place l’instituteur, fonctionnaire de la République assumant une mission de service public, sous le prêtre, n’est-elle pas une insulte au dévouement exemplaire des instituteurs de la République depuis plus d’un siècle et une nouvelle violation de la loi de 1905 ?

 

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Danielle 03/03/2008 20:14

Bonjour ! un ptit coucou du lundi ! 

bonne soirée ! bisous !

brigetoun 17/01/2008 19:05

tiens ! je l'ai mis en ligne hier !
je ne su por te pas - c'est Philippe de Jonckeere qui disait en commentaire chez un ami expatrié : je hais cet homme, je hais cet homme, je hais cet homme. (quatre lignes) Sans aller jusque là je suis furieuse de ne pas pouvoir me désintéresser de ce bonhomme, à cause du pouvoir de nuisance qui lui a été donné;
Que, parce qu'il est médiatiquement habile, on lui ait donné la possibilité de saper notre pays.