OGM : La clause de sauvegarde ne suffira pas !

Publié le par Ensemble à Gauche


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Par Gérard Onesta
           
Député Europén (Les Verts)


    
   

Commentant la décision de la France de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM Mon810, par l’engagement de la « clause de sauvegarde » auprès de l’Union européenne ; Gérard Onesta, député Vert européen et vice-président du Parlement européen a estimé que :
 

"Distances de protection fantaisistes, pollutions d’autres génomes, empoisonnement d’organismes non ciblés... cela fait des années que des scientifiques de renom sont aux côtés des écologistes pour exposer - notamment dans les prétoires - les risques masqués des OGM.

 

L’activation de la “Clause de sauvegarde” par le Gouvernement français pour bloquer la diffusion du maïs MON 810 vient donc tard, mais elle ne peut que satisfaire les Verts européens comme l’immense majorité de nos concitoyens qui ne supportaient plus que des multinationales jouent impunément avec le respect du vivant, la santé des populations, et les droits d’une agriculture non transgénique.

 

Il faut être conscient que la démarche de la France, confrontée à l’évidence scientifique, marque un tournant fondamental dans ce dossier. Elle vient en effet conforter celles d’autres États Membres qui ont, eux aussi, déjà interpellé Bruxelles sur les dangers des OGM. Il faut maintenant qu’au delà de la révélation - enfin officielle - des risques, tous ces pays se coordonnent pour écarter définitivement le danger OGM en dégageant le cas échéant les majorités requises au Conseil, mais aussi pour remettre à plat une législation que les Verts européens ont toujours jugé inadaptée.

 

Rappelons que la France, condamnée dès juillet 2004 par la Cour de Justice européenne, n’a même pas encore transposé la directive de 2001 en la matière et que, de fait, tous les champs OGM en France sont illégaux. Suite à la reconnaissance gouvernementale des risques, on peut désormais envisager la révision des procès de toutes les personnes qui se sont opposées à la culture de tels maïs. Les délinquants n’étaient pas ceux que l’on croyaient ..."

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brigetoun 15/01/2008 12:55

pas de jugement de valeur dans ce que je dis - juste ce qui me semble logique : il pouvait y avoir délinquance des deux cotés.
Des cultures non autorisées (mais pas formellement interdites) - la dégradation du bien d'autrui.
Maintenant avons nous des chances que la clause soit acceptée ?

Bruno Lamothe 15/01/2008 12:47

Les OGM n'auraient surtout pas du être autorisés sans que l'on soit certains de leur non nocivité. maintenant, on en trouve partout, et ils ont "contaminé" des cultures sans OGM. le retour en arrière va se révéler impossible.

Mais je partage, bien entendu, ton analyse.

Tom- 15/01/2008 11:48

C'est suite à la présentation du rapport de la haute autorité sur les OGM que cette décision a été prise. Or, un certains nombre de scientifiques de cette sont assez dubitatifs à propos de ce qui vient de se passer.
Ils soulignent qu'eux n'ont fait que pondre un document en urgence, qui insistait sur la nécessité d'approfondir. Ils n'ont pas parlé de "doute sérieux" mais de "doute". C'est ce mot "sérieux" qui a déclenché la décision. Or jamais il n'a été question de sur-médiatiser leurs conclusions temporaires.
La décision repose à mon avis sur une expertise fragile et je le regrette parce qu'elle sera d'autant plus facile à saper, voire à anuler.