Mercredi 16 avril 2008

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"Démanteler l'État social pour renforcer l'État policier". Tel semble être le crédo de la majorité actuelle, tant le "timing" est parfait : démantèlement du droit du travail, de l'éducation nationale, de la protection sociale et de l'assurance chômage et renforcement incessant des normes pénales. Cela n'est pas du hasard, c'est l'application du dogme de "l'État gendarme" contre celui de "l'État providence".

Rachida Dati, ministre de la Justice, qui avait fait part, aux journalistes (pas à la représentation nationale), pour "en finir avec l'angélisme qui inspire trop souvent le discours dominant sur la délinquance des mineurs", de sa volonté que le texte de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs soit "totalement remis à plat" a installé hier une Commission présidée par le professeur (et ancien vice-président) de la très, très, très droitière Université Jean Moulin André Varinard et composée de trente et un membres (dont rien de moins que 9 élus de la majorité) chargés d'élaborer cette réforme, de "lui faire la peau", selon l'expression usitée par le Syndicat de la Magistrature.

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Par Ensemble à Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Lundi 31 mars 2008

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Article original :

http://jurisconsult.canalblog.com/archives/2008/03/31/8549583.html

   

L'affaire dite "de la banderole anti-ch'tis" a fait grand bruit, et a ému nombre de personnes, dans un cercle bien plus large que les seuls passionnés de foot.

Samedi soir, lors de la finale de la Coupe de la Ligue de Football opposant Lens à Paris au stade de France, des pseudo-supporters du club du Paris-Saint-Germain ont déroulé une longue banderole (environ 25 mètres de long) portant les inscriptions suivantes : "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis".

Les responsables du club lensois ont réagi vivement, et il semblerait que Nicolas Sarkozy, président de la République, ait été lui-même "consterné", exigeant que ladite banderole soit ôtée sur le champ. Les organisateurs parisiens de l'évènement ont mis, selon les observateurs, un temps assez long à intervenir. La question se pose d'ailleurs de l'introduction par des groupes de "supporters" d'une banderole de 25 mètres, aussi volumineuse, alors même que le plan vigipirate est toujours en vigueur, et que la sécurité des abords de stades de football mobilise nombre de personnes, policiers ou stadiers. Il apparait assez peu vraisemblable qu'un tel objet soit passé inaperçu.

A l'issue de la rencontre, Guy Delcourt, maire PS de Lens a immédiatement réagi en annonçant qu'il déposerait, au nom de sa ville et en sa qualité de député, une plainte pour incitation à la haine. La Fédération  Française de Football (FFF) a soutenu la démarche en indiquant qu'elle déposerait elle aussi une plainte avec constitution de partie-civile.

Ce matin, le parquet du TGI de Bobigny a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le fondement de l'article L332-6 du Code du sport, qui dispose que "lors d'une manifestation sportive ou de la retransmission en public d'une telle manifestation dans une enceinte sportive, le fait de provoquer, par quelque moyen que ce soit, des spectateurs à la haine ou à la violence à l'égard de l'arbitre, d'un juge sportif, d'un joueur ou de toute autre personne ou groupe de personnes est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende".

Le volet judiciaire de cette affaire est donc désormais engagé. Reste à s'interroger sur les suites "administratives" de celle-ci, et sur la réflexion politique à mener. Ce n'est pas, et de loin, de premier "incident" constaté. Il suffit de se rappeler des évènements survenus près de la porte de Saint-Cloud à la suite de la rencontre entre le club parisien et le Hapoël de Tel Aviv, le 23 novembre 2006, pendant lesquels des hooligans parisiens néonazis avaient menacé un supporter israélien et un policier qui tentait de le protéger, incidents ayant conduit à la mort d’un jeune "supporter" du PSG.

Des mesures administratives, il y en a de deux sortes, et elles sont simples, applicables et efficaces.

Les interdictions de stade, tout d'abord. Nombreux sont ceux qui, à l'instar de Bernard Laporte, secrétaire d'État aux sports regrettent que celles-ci soient insuffisamment mises en oeuvre, alors qu'elles constituent un axe important de la lutte contre les débordements dans les stades. Le rapport parlementaire de Claude Goasguen et Christophe Caresche, en date du 7 novembre 2007, est accablant : "seules 93 personnes sont actuellement interdites de stade en vertu d’une décision judiciaire et 44 en application d’un arrêté préfectoral" peut-on y apprendre. Et pour l'ensemble de la saison 2006-2007, le constat est accablant pour le club du Paris-Saint-Germain : "73 % des interdictions ont concerné des supporters du PSG". Et le rapport de constater le déséquilibre patent entre la cinquantaine d'interdictions effectives, et la situation actuelle, indiquant que "le nombre de hooligans supporters du PSG avait été estimé à plus de mille".

Une mesure certes plus radicale, mais qui semble malheureusement de plus en plus nécessaire : la dissolution par décret des associations de supporters mises en cause. Prévue à l'article 332-18 du Code du sport, cette solution n'a jamais été mise en œuvre. Le ministère de l'Intérieur explique cette inertie par le fait "qu’aucun groupe de supporters ne remplit actuellement les conditions pour être dissout". Or, il est difficile de penser qu'une banderole de 25 mètres de long puisse être installée dans une tribune réservée aux supporters parisiens, et cohabitant avec d'autres banderoles de groupements parisiens sans l'accord de ceux-ci.

Dans la majorité des cas, fort heureusement, l’esprit festif et convivial du sport subsiste, bien entendu, y compris dans le football, sport le plus pratiqué en France. Mais il est pour le moins déplorable que l'image de cette discipline, qui devrait être exemplaire, soit souillée. Appliquons la loi, appliquons la avec fermeté contre ceux qui organisent de tels troubles, et la situation s'apaisera d'elle-même.


 

 

Par Ensemble à Gauche - Communauté : Les blogs socialistes
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Samedi 19 janvier 2008
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Par Sébastien Fontenelle
        
http://vivelefeu.blog.20minutes.fr

      
         
        

Dans l'art, difficile, de la prestidigitation, vazi que je te sors un lapin du chapeau, un homme excelle, et il s'agit, en effet, de Nicolas Sarkozy.

Du temps qu'il faisait campagne, il proclamait, rappelle-toi, qu'il serait "le président du pouvoir d'achat".

Viens chez moi, je te raserai gratis.

Une fois élu, est-ce qu'il te confirme l'heureuse nouvelle?

Du tout.

Le voilà, au contraire, qui te balance, dans le cours d'une conférence de presse, que, ton pouvoir d'achat?

Tu te le prends, tu te le roules, et tu t'en fais une sonde anale - vu que, n'est-ce pas, mâme Chabot, y a pus d'argent dans les caisses.

A ce moment-là, dans tes rêves, un journaleux se lève, et gueule, ben tu m'étonnes, que t'as plus un rond pour le pain des pauvres, Louis XVI: tu viens de balancer 15 milliards d'euros pour les brioches de tes nanti(e)s ami(e)s.

Dans la vraie vie, cependant, ça ne se passe pas comme dans tes rêves.

Dans la vraie vie, les journaleux ferment leurs gueules, et passent à la question suivante.

Nobstant, l'homme de la rue, certes moins veule que les gens de presse, commence à la trouver saumâtre: ça le fait quand même un peu chier, d'avoir voté pour Pinocchio.

Résultat numéro 1: la popularité sondagière du chef de l'Etat commence à ressembler d'assez près à une vue aérienne de La Nouvelle-Orléans, juste après Katrina.

Résultat numéro 2: l'intéressé corrige le tir, et te jure ses grands dieux que, lorsqu'il t'a suggéré que tu pouvais te rouler serré ton pouvoir d'achat, évidemment que ça ne voulait pas du tout dire que tu pouvais te rouler serré ton pouvoir d'achat - c'est quand même ahurissant que tu prennes tout au pied de la lettre, alors quoi, on peut même plus déconner?

Et le voilà qui t'explique, décomplexé comme jamais, que finalement, si, y a du pognon dans les caisses - mais que tu vas devoir aller le chercher avec les dents, non mais qu'est-ce que tu crois?

Il dit, précisément: "Il n'y a pas de création de richesses, pas de redistribution possible, pas de pouvoir d'achat sans travail".

Pas de mains?

Pas de chocolat.

Il précise - car il ose toujours tout: "Lorsque certains font croire aux Français qu'il serait possible de distribuer du pouvoir d'achat tout de suite, sans travail et sans réformes, je reconnais la démagogie qui a fait tant de mal à notre pays depuis trois décennies".

(Mais attends - rappelle-moi: c'était qui, "le président du pouvoir d'achat"?)

NouvelObs.com résume assez bien ce nouveau message présidentiel: "Pas d'augmentation "sans contrepartie"".

Et ça, n'est-ce pas, on connaît.

En sarkozique vernaculaire, ça se dit: "Travailler plus pour gagner plus".

Naturellement, ça n'a aucune espèce de rapport, même très lointain, avec l'augmentation promise de ton pouvoir d'achat: c'est juste le moins que tu puisses attendre, parce que n'est-ce pas, tu ne vas pas non plus travailler plus pour gagner la même chose, t'es pas là non plus, faut pas exagérer, pour faire des cadeaux à ton pansu patron, que Sarkozy déjà ne cesse de gaver.

Si je résume: le gars te fait la promesse que tes heures sup te seront payées - et te présente ça comme une espèce de révolution dans l'histoire du pouvoir d'achat.

C'est vachement sympa de sa part - mais à ce rythme-là faudra pas que tu t'étonnes, s'il t'annonce la semaine prochaine qu'il a gentiment décidé de ne pas te faire payer l'air que tu respires.
Par Ensemble à Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Vendredi 18 janvier 2008
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Rappel des faits : Jacques Drapier, maire PS de la ville de Neufchâteau, avait conclu un contrat de délégation du service public de l'eau avec la Compagnie Générale des Eaux (aujourd'hui, Véolia).

Alors qu'une baisse avait été promise aux élus, c'est une hausse continue du prix de l’eau qui intervient dans la ville. Choqué des méthodes de délégataire, le conseil municipal décidait, courant 2001, de résilier le contrat d’affermage passé avec Véolia concernant la distribution (prévue jusqu’en 2017) et l’assainissement (contractualisé jusqu’en 2033) et d’assurer les deux services en régie

Pour cette rupture de contrats Véolia a décidé d’attaquer la ville en réclamant plus de 7 millions d’euros d’indemnités plus un dédommagement au titre du, je cite "préjudice médiatique". Cela voulait dire que Véolia ne contestait nullement avoir trompé les élus et les habitants, mais qu'il ne fallait pas le dire, pour ne pas contrarier le commerce...

 

En première instance, le tribunal avait bien entendu sêchement débouté Véolia, décidant de nommer un expert afin qu’il procède à l’évaluation du préjudice causé par la rupture du contrat. La commune avait immédiatement fait baisser de manière drastique le prix du m3, ainsi qu'instauré une gratuité totale pour 40 litres d'eau par jour et par habitant, afin de ne plus pénaliser les plus pauvres.

Mais le 31 décembre dernier, le Tribunal Administratif de Nancy a condamné la Ville de Neufchâteau à payer une somme record de 1.674.951 euros.

Le 8 janvier, Jacques Drapier, soutenu par le conseil municipal a décidé de faire appel de cette décision.

Ci-dessous le communiqué de Danielle Mitterrand, présidente de la Fondation France Libertés et fondatrice de l'Association pour un Contrat Mondial de l'Eau (ACME) :

« La commune de Neufchâteau (Vosges) c’est-à-dire ses presque de 8000 habitants ont été condamnés par le Tribunal Administratif de Nancy à verser près de 1,7 millions d’euros (soit plus de 217 euros par habitants y compris les enfants) à une filiale du groupe VEOLIA à cause de la résiliation par le maire du contrat de gestion de l’eau qui liait (et étranglait) la commune à ce géant de l’Eau pour cause d’irrégularités et pour manque absolu de transparence.

L’UFC Que choisir avait déjà souligné les surfacturations importantes du service de l’eau fournis dans de nombreuses villes par les géants privés de la distribution de l’eau comme Veolia et Suez.

Pour nous tous, cette condamnation est un avertissement : inconsidéré. Une entreprise privée qui n’est plus autorisée par des élus du peuple à faire des profits sur le dos des citoyens dans un service public vital, a le pouvoir de faire payer à ces mêmes citoyens des amendes colossales pour compenser le manque à gagner financier de ses actionnaires.

Pendant que nos politiciens nous amusent avec des idées vagues, des images de comédie et de boulevard ou nous effraient avec le chiffon rouge élimé du danger migratoire, des enjeux démocratiques fondamentaux sont gravement menacés en coulisse : Les conditions de notre survie, de notre dignité, de notre citoyenneté réelles sont en train d’échapper totalement à notre contrôle pour le plus grand profit d’une oligarchie que nous n’avons pas élue et sur laquelle nous n’avons AUCUN contrôle. C’est cela qui devrait être en couverture du Nouvel Observateur ou de l’Express et pas telle ou telle starlette d’un jour.

Ne nous laissons pas impressionner par des explications alambiquées et contradictoires, par des schémas économiques plus ou moins controuvées, des arguments statistiques ou financiers facilement maquillées.

Ce qui est en jeu est très simple : la domination d’intérêts financiers privés totalement incontrôlables sur tous les aspects de notre vie. L’eau que vous buvez, les transports publics que vous emprunterez pour aller vous promener ou travailler, le journal où vous croyiez lire des faits objectifs, la nourriture que vous croyiez saine et sans tromperie, et demain peut-être l’air que vous respirerez, seront entièrement aux mains de gens qui n’ont AUCUN compte à vous rendre. »

Danielle Mitterrand
Par Ensemble à Gauche - Communauté : Eco-logique
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Jeudi 17 janvier 2008
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Question d'actualité au gouvernement posée mercredi par Jean Glavany au nom du groupe Socialiste au sujet de la remise en cause de la Laïcité par Nicolas Sarkozy.
   
(Sur le sujet, vous trouverez, sur son blog, le verbatim de l'interview de Laurent Fabius, face (non pas "par", mais bien "face") à Jean-Michel Aphatie)
   
   
Après le discours de Constantine, en Algérie, après celui de Latran, voici donc le discours de Ryad. Un discours du Président de la République où Dieu n’est plus cité à chaque page mais à chaque ligne, créant désormais un problème de fond dans la République.

Entendons-nous bien : il n’est pas question ici de relancer les guerres de religion, elles ont fait assez de mal comme cela. Non, il s’agit surtout de vérifier, avec nos collègues de la majorité et avec le Gouvernement, si nous parlons toujours de la même République et de ses mêmes principes, d’où mes questions.

 

Premièrement, la loi de 1905, dite de séparation des églises et de l’État, interdit-elle, parallèlement et conjointement, aux religieux de s’immiscer dans la sphère politique et aux politiques de s’immiscer dans la sphère religieuse ? Si oui, n’est-elle pas violée en la circonstance ?

Deuxièmement, quand le Président de la République s’est adressé aux étudiants de Constantine en disant « nous », nous pensions benoîtement qu’il se référait aux Français. Pas du tout : il voulait dire « nous, les chrétiens » ! Et les autres ? Les juifs français, les musulmans français, les athées et les agnostiques sont-ils encore représentés par le président de tous les Français ?

Troisièmement, le Président de la République affirme qu’« un homme qui croit est un homme qui espère », comme si l’espérance était réservée aux croyants. Et Guy Môquet, mes chers collègues ? Était-il bien nécessaire d’honorer la mémoire du jeune résistant communiste, qui a transcendé la peur de mourir pour une belle espérance nommée liberté, pour l’humilier aussitôt de la sorte ?

A-t-on le droit d’espérer en France, sans être croyant ? A-t-on le droit à une spiritualité sans Dieu, comme Spinoza, comme Camus, comme Sartre et bien d’autres ?

 

Le Président de la République dit enfin que, dans la transmission des valeurs et l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. D’où ma quatrième question : cette nouvelle hiérarchie, qui place l’instituteur, fonctionnaire de la République assumant une mission de service public, sous le prêtre, n’est-elle pas une insulte au dévouement exemplaire des instituteurs de la République depuis plus d’un siècle et une nouvelle violation de la loi de 1905 ?

 

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Mardi 15 janvier 2008
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Intervention de Chantal Robin-Rodrigo, Députée (PRG) des Hautes-Pyrénnées sur la proposition de loi visant à modifier l'article 11 de la Constitution et à rendre obligatoire la tenue d'un nouveau référendum pour tout texte contenant des dispositions préalablement rejetées par la voie référendaire)
      
Les radicaux de gauche ont toujours été en pointe dans le combat pour la construction d'une Europe forte, laïque, solidaire, humaniste et démocratique. Sincèrement européenne et attachée plus que tout aux valeurs républicaines, je salue et approuve l’initiative de nos collègues communistes.

Oui, nos concitoyens attendent de leurs représentants qu'ils respectent leur expression et leur souveraineté. Le traité de Lisbonne doit donc faire l’objet d'un référendum : c'est une nécessité démocratique.

Sur un sujet aussi essentiel que l'Europe, qui a des répercussions sur la vie quotidienne des Français – n'oublions pas que 80 % des lois adoptées ici viennent de l'Europe –, nous ne pouvons priver nos concitoyens du débat. Dans l'histoire de la construction européenne, le peuple français a d’ailleurs toujours été consulté par référendum, que ce soit en 1972 sur l'élargissement des Communautés européennes, approuvé à 68,3 %, en 1992 sur le traité de Maastricht, approuvé à 51 %, ou en 2005, sur le projet de traité instituant une constitution européenne, rejeté à près de 54 %.

Le « non » français et le « non » néerlandais ne sont pas des incidents de parcours. Deux peuples ont dit « non » aux orientations trop libérales de l'Europe. Ils n’ont pas exprimé un refus de l'Europe, mais ils ont rejeté une certaine manière de la faire.

 

Le nouveau traité que le Président de la République a décidé de faire ratifier par voie parlementaire est quasi identique au précédent texte.

C'est antidémocratique : lorsqu'une question a été tranchée par référendum, on ne court-circuite pas le peuple en lui disant que désormais, cela ne le concerne plus et que les parlementaires auront le dernier mot ! 

Il est trop facile de changer les règles du jeu en cours de route. Imaginez qu'au milieu d'un match de rugby, surtout si l’une des parties entrevoit sa défaite, l'arbitre, complice, change le nombre de remplaçants ! Il y aurait une émeute !

J'entends dire que, dans l'intérêt de la construction européenne, il ne faut pas retomber dans « le piège dont rêvent à nouveau les opposants ». Mais qui sont les opposants ? Serait-ce le peuple français ? Belle conception de la démocratie que celle de considérer le peuple comme un empêcheur de tourner en rond ! J'entends dire aussi que les Français ont été avertis, Nicolas Sarkozy ayant indiqué clairement qu'il choisirait la voie parlementaire. Croyez-vous qu'il ait été élu sur cette promesse ? Au demeurant, n’a-t-il pas aussi fait des promesses sur le pouvoir d’achat ?

Cet acte politique éloignera encore les citoyens de la construction européenne, qui n'aura plus la moindre légitimité car elle se fera sans eux. Pourtant, la campagne référendaire a montré combien ils s’y intéressent ; ils ont des attentes fortes en matière d'emploi, de croissance, de protection, et ils ont compris qu’il ne nous faut pas une Europe réduite à un vaste marché.

 

Nous sommes tous de fervents démocrates, attachés à une Europe fondée sur l'adhésion des peuples. Notre Constitution elle-même consacre la souveraineté du peuple.

Il ne s’agit pas ce matin du contenu du « mini-traité ». La seule question qui vaille est la suivante : est-il admissible de faire valider par le seul Parlement un texte rejeté par référendum en 2005 ?

Pour le groupe radical de gauche, la réponse est non ! 

Certes, le vote du Parlement est l'expression de la représentation nationale, mais il ne remplace en rien celle de la société librement consultée. Il y a même parfois un gouffre entre les deux : en février 2005, le Congrès avait voté à plus de 80 % le projet de loi constitutionnelle ; trois mois plus tard, le peuple s'est prononcé contre à 54 % ! 

L'organisation d'un nouveau référendum est donc une exigence démocratique. Parce qu’ils ne sauraient trahir le vote de leurs concitoyens, les radicaux de gauche voteront cette proposition de loi constitutionnelle. N’ayons pas peur de redonner la parole aux Français !

 

 

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Mardi 15 janvier 2008


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Par Gérard Onesta
           
Député Europén (Les Verts)


    
   

Commentant la décision de la France de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM Mon810, par l’engagement de la « clause de sauvegarde » auprès de l’Union européenne ; Gérard Onesta, député Vert européen et vice-président du Parlement européen a estimé que :
 

"Distances de protection fantaisistes, pollutions d’autres génomes, empoisonnement d’organismes non ciblés... cela fait des années que des scientifiques de renom sont aux côtés des écologistes pour exposer - notamment dans les prétoires - les risques masqués des OGM.

 

L’activation de la “Clause de sauvegarde” par le Gouvernement français pour bloquer la diffusion du maïs MON 810 vient donc tard, mais elle ne peut que satisfaire les Verts européens comme l’immense majorité de nos concitoyens qui ne supportaient plus que des multinationales jouent impunément avec le respect du vivant, la santé des populations, et les droits d’une agriculture non transgénique.

 

Il faut être conscient que la démarche de la France, confrontée à l’évidence scientifique, marque un tournant fondamental dans ce dossier. Elle vient en effet conforter celles d’autres États Membres qui ont, eux aussi, déjà interpellé Bruxelles sur les dangers des OGM. Il faut maintenant qu’au delà de la révélation - enfin officielle - des risques, tous ces pays se coordonnent pour écarter définitivement le danger OGM en dégageant le cas échéant les majorités requises au Conseil, mais aussi pour remettre à plat une législation que les Verts européens ont toujours jugé inadaptée.

 

Rappelons que la France, condamnée dès juillet 2004 par la Cour de Justice européenne, n’a même pas encore transposé la directive de 2001 en la matière et que, de fait, tous les champs OGM en France sont illégaux. Suite à la reconnaissance gouvernementale des risques, on peut désormais envisager la révision des procès de toutes les personnes qui se sont opposées à la culture de tels maïs. Les délinquants n’étaient pas ceux que l’on croyaient ..."

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Mardi 15 janvier 2008
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Les médias audiovisuels ont pris une place décisive dans l’équilibre de notre démocratie.

Actuellement, cet équilibre est bafoué puisque le temps de parole considérable du Président de la République et de ses conseillers dans les médias n’est pas comptabilisé. Il n’est légalement pas prévu pour les forces démocratiques de lui répondre d’une façon égale. C’est d’autant plus inquiétant qu’une partie des médias audiovisuels et de presse écrite est la propriété de groupes industriels et financiers proches du pouvoir.

 

C’est pourquoi nous exigeons qu’une disposition constitutionnelle soit adoptée, qui impose désormais le respect d’une vraie règle des trois tiers pour les temps de parole audiovisuel : un tiers pour le Président de la République, ses collaborateurs et le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour les forces d’opposition.

 

Seule cette règle sera de nature à freiner la saturation et la propagande actuelles, et à amener un meilleur équilibre indispensable à notre démocratie.

 

Tel est le but de cette pétition populaire pour l’égalité audiovisuelle, dont nous sommes signataires.

 
 

SIGNEZ ET FAITES SIGNER LA PETITION SUR WWW.EGALITE-AUDIOVISUELLE.FR



 

Tribune de Laurent Fabius :

 

« Je veux une République irréprochable ». Sur tous les tons, la main sur le cœur, le Président de la République a martelé et martèle ce credo, pendant la campagne électorale et depuis.

 

Il y aurait beaucoup à faire pour tenir cet engagement tonitruant ! En tous cas, il existe un moyen radical pour le discréditer définitivement : laisser le Président saturer comme il le fait les ondes, à toute heure, en tout lieu, sur tous les sujets de son choix, sans qu’il soit tenu le moindre compte de ses interventions massives pour le respect du pluralisme démocratique.

 

La réalité en effet est accablante, et beaucoup s’en émeuvent, bien au-delà des rangs de la gauche. M. Sarkozy est omniprésent notamment dans les journaux télévisés. Il occupe télévisions et radios quotidiennement et y envoie ses collaborateurs le reste du temps. Même le prudent comité Balladur s’en est inquiété, recommandant que « dans la répartition des temps de parole dans les médias audiovisuels, à laquelle le CSA est chargé de veiller, les interventions du Président de la République soient comptabilisées avec celles du gouvernement » (proposition n° 13).

 

Devant une telle situation, le CSA, tenu par la loi d’assurer « le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion »... et dont tous les membres ont été choisis par l’actuelle majorité, s’en tient à une version tronquée de la règle dite des « trois tiers » qui accorde, à la radio et à la télévision, des temps de parole équivalents au gouvernement, à la majorité et à l’opposition parlementaires mais sans tenir compte des interventions du Président. Saisi par le PS, le CSA, s’appuyant sur la tradition d’un président supposé en dehors et au-dessus des contingences de l’action politique, affirme ne pas pouvoir agir autrement tant qu’une réforme constitutionnelle n’aura pas prévu un texte spécifique.

 

Et bien, puisqu’il est question de réviser la Constitution pour améliorer notre démocratie, saisissons cette occasion ! Les médias, en particulier audiovisuels, occupent désormais une place centrale dans le fonctionnement de la démocratie : il ne peut être question de voter demain une réforme constitutionnelle si elle ne contient pas une nouvelle règle posant les principes d’une vraie égalité audiovisuelle. En clair, je propose que l’on inscrive dans la réforme constitutionnelle à venir cette règle simple : le temps de parole audiovisuel du président de la République sera désormais comptabilisé avec celui du gouvernement, le total de l’« Exécutif » étant équilibré par les temps de la majorité et ceux de l’opposition.

 

Je suggère même une rédaction pour cette règle. « Afin d’assurer l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion, les radios et les télévisions doivent respecter, dans leur programme, un équilibre entre trois temps d’intervention : celui du Président de la République et des membres du gouvernement, celui des personnalités appartenant à la majorité parlementaire, celui des personnalités de l’opposition parlementaire, et leur assurer des conditions de programmation comparables. Elles doivent également assurer un temps d’intervention équitable aux personnalités appartenant à des formations politiques non représentées au Parlement. »

 

Sans doute cette proposition concrète ne règlera-t-elle pas tous les problèmes audiovisuels et de la presse en ces temps de « berluskozysme » galopant. D’autres mesures fortes devront être prises. Au moins aura-t-elle le mérite de corriger une inégalité flagrante.

 

En bref, la prochaine révision constitutionnelle devra garantir expressément l’égalité audiovisuelle. D’où cette « pétition populaire pour l’égalité audiovisuelle » que j’invite chaque citoyen à signer sur le site www.egalite-audiovisuelle.fr créé à cet effet.

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Mardi 8 janvier 2008

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Alors que nous commémorons aujourd'hui le douxième anniversaire de la mort de François Mitterrand, profitons-en pour relire cette interessante analyse de Jean-François Huchet, membre de l'Institut François Mitterrand, sur la vision de la politique sociale de l'ancien président durant le second septennat, et les défis que celui-ci voyait, avec clairvoyance, pointer.
 

      
L’intense activité de François Mitterrand sur la scène internationale tout au long de son second septennat a marqué et influé profondément sur le cours d’événements exceptionnels qui ont profondément modifié le paysage dont nous avions hérité des années de l’après-guerre.
 

La manière dont il a accompagné et balisé le processus de réunification allemande, son attention à la situation en Yougoslavie à partir du moment où la Croatie a eu proclamé son indépendance -sans préavis, ni concertations -, provoquant l’éclatement brutal de cet Etat, l’énergie et la clairvoyance avec laquelle il a réveillé et conduit le dialogue entre les Européens pour aboutir à la signature du traité fondant l’Union européenne, les précautions avec lequelles il a accompagné la disparition étonnamment rapide de ce qui avait été l’empire soviétique puis de l’URRS, sans oublier la guerre du Golfe. 

Etant donné l’ampleur des enjeux, il est normal que son action sur tous ces théâtres périlleux ait focalisé le regard des observateurs. 

Peut-être est-ce aussi la raison qui a fait que, dans la mémoire collective, ses interventions, pourtant constantes et nombreuses, sur le champ de politique intérieure et tout particulièrement sur le volet de l’action sociale aient été reléguées au second plan .Pour faire connaître son programme et ses intentions au moment où il annonce sa candidature au renouvellement de son mandat présidentiel, François Mitterrand emprunte une voie très différente de celle qui l’avait conduit au succès de 1981. Se plaçant aussi loin qu’il est possible du tumulte partisan inévitable dans une campagne de cette importance, il choisit de s’adresser au pays par le biais de « La lettre aux Français » dans laquelle il décrit son projet pour les sept années à venir.

 

   

La lutte contre toutes les formes d’exclusion

   

Au chapitre « social » de cette « Lettre » diffusée aussi largement que possible, après avoir analysé tout ce qui a déjà été entrepris depuis plus de quinze ans pour lutter contre l’exclusion, il pointe que celle-ci n’a cessé de s’étendre en dépit des nombreuses mesures prises en particulier par les gouvernements de Pierre Mauroy et de Laurent Fabius. 

Ceux qu’on appelle les « nouveaux pauvres » sont désormais là. Ce constat le conduit à se prononcer alors pour qu’un revenu minimum soit attribué à ceux-ci par la puissance publique. « L’important, écrit-il, est qu’un moyen de vivre ou plutôt de survivre soit garanti à ceux qui n’ont rien, qui ne peuvent rien, qui ne sont rien. »  

Dans ce même texte, il se montre soucieux des résultats insuffisants de la lutte contre les inégalités entre les hommes et les femmes qui ne se résorbent qu’à un rythme insuffisant, très éloigné des objectifs que visait la loi Roudy de 1983. 

De même pour stigmatiser le « regain de racisme » qui imprègne alors le débat public, il insiste sur les discriminations dont souffre encore trop fréquemment l’immigré en situation régulière : « il est normal qu’il soit traité, sous les aspects de sa vie professionnelle et personnelle, salaire, conditions de travail, protection sociale, école pour les enfants, etc. comme le sont les travailleurs français. » 

Le problème devenu crucial pour nombre de salariés de l’accès au logement y est également abordé : « La libération des loyers a placé des familles, surtout dans certaines grandes villes, dans une situation intenable. Un nouvel équilibre est possible. » 

 

Le bénéfice d’une croissance forte

 

Au moment où il accède pour la seconde fois à la présidence de la république, François Mitterrand vient d’être alerté par quelques experts économiques sur le fait qu’une récession de grande ampleur menacerait à court terme l’ensemble des économies occidentales. Cette prévision l’a rendu circonspect.

Mais l’année se passe sans que celle-ci soit confirmée. Bien au contraire. La croissance repart et atteint même un chiffre qu’on n’avait plus connu depuis bien longtemps : 4,3%. Elle apporte à l’Etat un supplément fiscal d’environ 40 millions de francs. Dès lors il lui paraît que la relative prudence que commandaient ces mauvais augures n’est plus de mise et le Président retrouve immédiatement les accents et les exigences du candidat.

Le 12 mai 1989, lors d’un déplacement à Limoges, il répond au président socialiste de l’assemblée régionale, Robert Savy, qui lui décrit le chômage et les « détresses » qu’il provoque, François Mitterrand insiste sur le nécessaire « partage » des richesses. « La France gagne du terrain dans la prospérité, précise-t-il, elle est plus riche. Peut-on dire que toutes les catégories sociales ressentent également ce bénéfice gagné à la sueur du front de tous les Français ? Non ! » Et d’ajouter : « C’est précisément l’une des orientations de ce gouvernement que j’ai toujours placée en exergue depuis huit ans : un partage plus égal, sans nuire à personne, plus juste, de la prospérité nationale. Si nous parvenons à joindre les deux bouts – travail-productivité et partage - nous aurons fait avancer la démocratie. Nous aurons fait un travail qui marquera notre génération. (...) Je crois aux idéologies. Ce sera la justification du choix qu’ont effectué les Français il y a huit ans lorsqu’ils ont voulu que notre démocratie politique soit aussi une démocratie économique et sociale. »

Dès le lendemain, lors de sa visite rituelle à Solutré, il insiste sur cette question, en se présentant comme l’aiguillon indispensable de son gouvernement, « non pour gêner, mais pour aider. »

 

Un pacte de croissance

 

C’est le moment que choisit également l’ancien Premier ministre, Pierre Mauroy pour revenir dans le débat en réclamant une politique gouvernementale « plus à gauche », donnant ainsi de l’écho aux récriminations d’une large part des élus socialistes à l’Assemblée nationale.

Le concert de ces pressions oblige Michel Rocard à réagir sans tarder. Dès le mois d’août, par la bouche de son directeur de cabinet, Jean-Paul Huchon, celui-ci affiche son programme de rentrée, présenté sous un titre ambitieux : « les onze travaux d’Hercule » Il propose un « pacte de croissance » qui se développe sur trois volets : une prime de croissance pour le pouvoir d’achat, une réduction de l’endettement public et un investissement accru en faveur de la recherche, de l’industrie et de l’éducation. 

Cette annonce est bien accueillie par l’opinion.Fort de cette approbation et persuadé qu’il a réussi à désamorcer les critiques de son camp, le Premier ministre s’attelle donc à la préparation du budget sous l’oeil vigilant du Président de la république qui ne craint pas d’entrer dans les détails.

C’est ainsi, par exemple, qu’il lui adresse une lettre, le 21 juillet, dans laquelle il revient sur la situation des Français quant au logement. « Il m’apparaît souhaitable, suggère-t-il, qu’intervienne rapidement le décret que vous envisagez pour l’agglomération parisienne et qu’il porte à la fois sur les renouvellements de bail et sur les loyers des logements vacants. Cette mesure est devenue nécessaire en raison des anomalies constatées par un récent rapport qui relève des hausses très abusives, notamment pour les logements vacants, hausses que les dispositifs de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs ne suffiront pas à contenir. »

Le Premier ministre donne donc la priorité aux dépenses d’éducation, de formation et de recherche sans, bien sûr, oublier l’action en faveur du logement social. Sur tous ces points, il répond à nombre de vues exprimées par le Président de la république, en particulier celles contenues dans sa « Lettre aux Français ». Celui-ci juge cependant que le compte n’y est pas vraiment.

 

Sur le front de toutes les inégalités

Le 4 septembre suivant François Mitterrand lui adresse une autre lettre dans laquelle il insiste : « Je suis convaincu qu’il convient d’amplifier l’action par un plan d’ensemble qui s’attaque aux multiples formes d’inégalité. S’agissant des inégalités de revenus, il convient d’empêcher que l’écart continue à se creuser au détriment des salariés, d’accroître la lutte contre la fraude fiscale, de réduire ceux des avantages fiscaux qui accroissent les inégalités, d’utiliser les prélèvements sur la fortune mobilière et immobilière (et sur les plus-values correspondantes) pour développer le logement social et l’emploi. »

Mais, plus précisément, son désaccord le plus marqué avec le Premier ministre porte principalement sur la taxation des revenus financiers : il demande à Matignon et à Bercy de modifier leur projet de budget sur deux points au moins.

Le premier concerne l’impôt sur les bénéfices réinvestis des entreprises que le gouvernement souhaite réduire de 39 à 27%. Pour François Mitterrand rien ne justifie cette baisse.

La seconde touche à la taxation des plus-values financières qui est alors de 15% quand le taux de l’impôt sur les bénéfices distribués des sociétés atteint 42%. François Mitterrand, que cela choque, souhaite que le prélèvement sur les plus-values soit porté à 42%.

Cette fois, c’est le Ministre des Finances, Pierre Bérégovoy qui résiste et parvient à faire valoir des arguments qui limitent le champ des concessions du gouvernement à une réduction de l’impôt sur les sociétés de 39% à 37%, à une fiscalité sans modifications sur les plus-values et, habile concession au chef de l’Etat, à la création d’une cinquième tranche de l’ISF au-delà d’un patrimoine de 40 millions de francs.

Le Premier ministre à la recherche d’une majorité claire 

 

A partie de là, le Conseil des ministres ayant donné son approbation, le débat se transporte à l’assemblée où sous la houlette de Louis Mermaz, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, nombreux sont ceux qui se préparent à une bataille d’amendements. Pierre Bérégovoy menace alors de démissionner si celle-ci devait par trop dénaturer le projet qu’il défend aux côtés du Premier ministre. Conscient de l’impact négatif que ce geste aurait sur les marchés financiers, sur la tenue du franc face au mark en particulier, les députés s’orientent avec réticence vers la recherche d’un compromis.

A l’arrivée, les quelques concessions faites par le Premier ministre privent celui-ci à la fois de l’appui des centristes qui réclament une réduction plus importante des déficits et de la pression fiscale et des communistes qui jugent son budget insuffisamment redistributif.

Ne disposant pas de majorité, Michel Rocard se voit donc obligé pour aboutir à recourir à l’article 49-3 à treize reprises au cours du débat.

Autant dire que ce faisant il ne satisfait que très peu des députés censés le soutenir, pas plus ceux qui réclament une politique sociale plus généreuse en rapport avec les bons résultats de l’économie (la majorité du groupe socialiste et les communistes) que les « alliés » aléatoires qui en tiennent pour une politique plus en prise avec les orientations d’une Europe libérale (les centristes en particulier).

 

Franc fort contre Justice sociale ?

 

S’agissant de la croissance, l’année 1989 se révèle encore des plus favorables avec un taux de 3,9%. Sur l’ensemble de l’exercice, le chômage a baissé de 2%. Les prévisions pour 1990 demeurent encourageantes même si elles sont en baisse avec un taux de 3%. Le principal nuage à l’horizon vient d’une menace de relance de l’inflation.

La politique du « franc fort » arrimé au mark provoque cependant des interrogations insistantes dans les rangs des socialistes : « Ne freine-t-elle pas l’économie française et ce faisant la lutte contre les inégalités ? »

Tout au long de cette période François Mitterrand multiplie les occasions de faire connaître à l’opinion le fond de sa pensée.

C’est le cas, par exemple, le 9 janvier 1989, à l’occasion des Assises des nouvelles solidarités, à la Sorbonne où, après avoir évoqué les ravages causés par le chômage, il revient sur une de ses préoccupations les plus constantes, le logement qui pour lui « représente une des plus grandes causes d’exclusion. »

Un peu plus tard, le 10 mai 1990, à l’issue d’un entretien avec François Périgot, président du CNPF, il souhaite que « compte tenu de l’amélioration de l’économie française, soient engagées au plus tôt des négociations dans chaque branche entre partenaires sociaux sur les bas et moyens salaires. »

Le 3 juin suivant, au rendez-vous de Solutré, il enfonce encore le clou : « Sur le SMIC, par exemple, légalement il n’y a rien à dire, mais sur le fond il y a beaucoup à dire. Si la France est en progrès, il faut que tout le monde en profite. (...) Je veux que la France soit forte et qu’elle soit juste par le partage des profits et des progrès. »

Ne laissant aucun répit aux principaux acteurs alors en responsabilité, le 7 juin 1989, lors du trentième anniversaire de l’Unedic, il s’attarde sur les moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre le chômage, ce « drame majeur », et recommande avec insistance « deux directions : le traitement économique, l’investissement éducatif sans, bien entendu (...)délaisser le traitement social du chômage. »

En rappelant l’utilité de ce troisième volet d’action il va volontairement à l’encontre de la plupart des milieux d’influence qui n’ont alors de cesse de décrier cette manière d’intervenir.

Tout au long de cette période – de 1988 à 1990 - au cours de laquelle le taux de croissance de l’économie française offre des opportunités et des marges de manoeuvres aux différents responsables du patronat et du gouvernement, il ne cesse de réitérer ce qui fait le fond de la politique qu’il souhaite voir mener, de celle qu’il a voulue à l’aube de son deuxième mandat.

Parallèlement, dans ses innombrables interventions en faveur d’une meilleure redistribution des richesses acquises grâce à cette croissance forte, François Mitterrand n’oublie jamais de relier ses exigences aux grands défis qui s’annoncent sur le plan européen. Le train qui va conduire au traité de Maastricht fondant l’Union européenne à quinze est en effet déjà sur les rails.

C’est ainsi qu’il évoque cette perspective, dès le 9 juin 1989, à Nice, devant le 32ème congrès de la Mutualité française : « On sent se répandre, pressent-il, une certaine crainte de ne pas pouvoir supporter cette lutte ouverte, cette lutte pacifique, et qui pourtant peut conduire un certain nombre de nos groupes sociaux à connaître de grandes difficultés si l’on ne s’organise pas dès maintenant. (...) On nous presse de libéraliser l’échange. Il faut le faire. Encore faut-il que, entre les différents pays de l’Europe, et sur le plan social, et sur le plan fiscal, existent des conditions de concurrence loyale. (...) Il faut que nous arrivions à instituer un modèle européen de développement. (...) Il faut aménager le temps de travail en harmonie avec nos voisins. Il faut un meilleur emploi par le développement des hautes technologies. »


http://www.mitterrand.org/spip.php?article359

 

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Lundi 7 janvier 2008
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La Garde des Sceaux a soumis un projet de loi au Parlement relatif à la rétention de sûreté et à l’irresponsabilité pénale. Le texte sera étudié par l’Assemblée Nationale le Mardi 8 Janvier 2008 à 15h.
 

De nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives et des membres de la société civile se mobilisent depuis plusieurs semaines contre ce projet de loi attentoires aux libertés et contraire aux principes fondamentaux de notre Droit pénal.

 

Un appel à signature en ligne et un argumentaire sont disponibles sur le site : www.contrelaretentiondesurete.fr

 

Les organisations signataires à ce jour : le Syndicat de la Magistrature, le SNEPAP-FSU, le GENEPI, Ban Public, l’UGSP-CGT, la Ligue des Droits de l’Homme, le SNPES-PJJ/FSU, le Parti Communiste et sa commission Justice, le Syndicat National C.G.T. des Chancelleries & Services Judiciaires, Mouvement des Jeunes Socialistes, Cedetim, Section strasbourgeoise de la Ligue des droits de l’homme, la Ligue Communiste Révolutionnaire, l’ANVP (association nationale des visiteurs de prison), Les Verts et la commission Justice des Verts, la CGT-PJJ, l’association « Souriez-Vous-Etes-Filmé-es ! », le Syndicat de la médecine générale, la FARAPEJ ( Fédération des Associations Réflexion Action Prison Et Justice), Act Up-Paris, l’Observatoire International des Prisons (OIP), le Syndicat SUD-Travail Isère (38), l’Union Syndicale de la Psychiatrie, la Fédération SUD Santé Sociaux, l’Union Syndicale Solidaires, l’Association Cabiria, le Groupe Multiprofessionnel Prison, le MRAP 93, l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé. Plus de 2500 personnes ont déjà signé.

 

Nous appelons organisations et particuliers à signer cet appel.

 

Nous appelons tous les parlementaires à refuser de voter ce texte indigne.

 

contacts : GENEPI - Pierre Méheust 06 85 82 32 president@genepi.fr - Eve Fitoussi 06 70 46 73 58 communication@genepi.fr Syndicat de la Magistrature - syndicat.magistrature@wanadoo.fr - 01 48 05 47 88 SNEPAP-FSU - snepap@club-internet.fr - 01 40 21 76 60

 

site de l’appel
http://www.contrelaretentiondesurete.fr

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